Rupture du biceps
La rupture du tendon distal du biceps correspond à un arrachement du tendon de son insertion sur la tubérosité radiale du radius, généralement lors d’un effort brusque ou de surcharge (musculation, port de charge, traumatisme).
Qu’est-ce que la rupture du biceps ?
Cette rupture se produit souvent chez des hommes actifs autour de la quarantaine et empêche toute cicatrisation spontanée du fait de la rétraction musculaire. Elle entraîne une perte notable en supination et, dans une moindre mesure, en flexion du coude.
Quels sont les symptômes ?
Les symptômes caractéristiques incluent un craquement audible ou ressenti, une douleur aiguë à la face antérieure du coude, le plus souvent suivie d’un gonflement et d’un hématome rapide. L’examen révèle une déformation en « Popeye inversé » du biceps, avec disparition du relief du tendon dans le pli du coude et une perte de force en supination (jusqu’à 50 %) et en flexion (20–30 %)
Diagnostic et traitement
Le diagnostic est principalement clinique : le signe de Hook à la palpation permet souvent de confirmer l’absence du tendon.
En cas de doute ou de rupture partielle chronique, une échographie ou une IRM permet d’évaluer l’étendue de la lésion, le degré de rétraction et d’orienter la stratégie thérapeutique
Traitement
Le traitement conservateur peut être envisagé chez le patient peu actif ou en cas de faible demande fonctionnelle : repos, attelle, anti-inflammatoires et rééducation. En revanche, la réparation chirurgicale est recommandée dans les trois premières semaines post-rupture pour restaurer pleinement la force, notamment en supination. La technique implique la réinsertion du tendon au radius à l’aide d’ancres ou d’un système Endobutton en chirurgie ambulatoire sous anesthésie loco‑régionale.
Les suites opératoires incluent généralement une immobilisation brachio-antébrachio-palmaire en flexion (environ 6 semaines), suivie d’une rééducation progressive dès la troisième semaine. Le retour au travail ou à l’activité sportive est possible entre 2 et 6 mois, selon l’activité professionnelle ou sportive et la compliance au protocole. Le principal risque postopératoire reste la raideur, l’irradiation nerveuse (nerf radial) ou la ré-rupture, bien que rares avec les techniques modernes.